Le problème d’accès à l’eau et son impact sur la vie et la santé des femmes
A Longido et Simanjiro, la population, essentiellement Massaï, vit principalement de l’élevage. La situation de l’accès à l’eau y est critique, tant pour l’abreuvement du bétail que pour la consommation humaine : hommes et femmes se déplacent sur des distances qui peuvent aller jusqu’à plus de 30 kilomètre pour avoir, une fois chaque trois jour, droit à leur « tour d’eau »!
Il s’agit d’une zone qui a été particulièrement frappée par la sécheresse en 2008 qui a parfois causé jusqu’à 50% de perte parmi les troupeaux. Dans ces circonstances, la moindre défaillance du point d’eau auquel se ravitaillent les éleveurs a des conséquences dramatiques. Il faut alors se rendre au point d’eau du village voisin. Certains animaux trop déshydratés ne peuvent effectuer ce déplacement additionnel et meurent en chemin. La situation alimentaire devient alors critique pour les familles (hommes, femmes et enfants).
Ce manque d’eau met aussi particulièrement les femmes en situation difficile, à un autre niveau. En saison sèche, elles restent au village avec les enfants pendant que les maris mènent les troupeaux aux pâturages et aux points d’eau. Elles subsistent alors en ne consommant que du lait. C’est elles qui doivent se rendre aux points d’eau pour couvrir leurs besoins en eau ainsi que ceux des enfants. Elles doivent marcher des heures pour atteindre le point d’eau, puis elles feront encore la file pendant plusieurs heures avant d’être finalement servies. Il faut alors de recharger les ânes de leurs pesantes cargaisons pour refaire le chemin en sens inverse et rentrer chez elles avec la provision d’eau qui leur permettra de subvenir aux besoins du ménage pour les deux journées suivantes.
Aux abords immédiats des points d’eau existants, le terrain est transformé en vaste champ de boue. Malgré les infrastructures qui visent à isoler les zones d’abreuvement, les animaux défèquent dans la zone de distribution d’eau potable. Les conditions d’hygiène sont insuffisantes et l’eau à usage domestique est souvent contaminée. Cette situation génère donc aussi des problèmes de santé. À Longido, 35% des ménages sont en insécurité alimentaire et 70% d’entre eux à Simanjiro.